Les affaires du prochain Conseil de Métropole

Les affaires du prochain Conseil de Métropole

La prochaine séance du Conseil métropolitain se tiendra le mardi 28 septembre à partir de 8h30.
Elle sera retransmise en direct sur le site de la métropole.

Depuis le début du mandat, le groupe des élu-es écologistes met à disposition des Montpelliérain-es l’ordre du jour et les projets d’affaires soumis au vote des membres du Conseil.
 Retrouvez en ligne :

Soutien à l’agriculture biologique (Marie MASSART)

Soutien à l’agriculture biologique (Marie MASSART)

(Conseil municipal du 21 Septembre 2021)

Une étude menée par l’Institut de l’agriculture et de l’alimentation biologique et l’INRA a clairement souligné les effets bénéfiques globaux de l’agriculture biologique en matière :

  • de création d’emplois,
  • de moindre pollution de l’eau par les nitrates et les pesticides,
  • de la plus faible consommation d’énergie à l’hectare,
  • de l’impact réduit sur la biodiversité,
  • de l’absence de maladies dues aux pesticides,
  • ou encore de sa préférence pour le plein air, qui favorise le bien-être animal.

Sur le territoire de la ville de Montpellier, nous agissons déjà et avons des projets pour favoriser le développement de l’agriculture biologique.

  • Augmentation de la part de bio dans la restauration scolaire qui est passée en 1 an de 20 à 30 %. En effet pour la première fois à Montpellier, nous avons commencé à introduire la viande et le fromage en bio. Objectif 100% bio et/ou locaux d’ici 2026
  • Nous travaillons également pour augmenter encore la part de produits bio dans tous les achats alimentaires de la ville (protocole, EHPAD, crèche…)
  • Nous incitons l’achat de produits bio et locaux via la charte relative à l’organisation d’évènements sur le territoire de Montpellier et la métropole
  • Nous favorisons toutes les initiatives permettant la vente directe comme par exemple la création récente du marché de producteurs des Aubes ou encore nous prévoyons d’aider à être plus visible le marché de producteur d’agropolis qui se réuni tous les mardis soir.
  • Nous mettrons à disposition de nouveaux terrains de la ville pour développer une agriculture urbaine bio et locale notamment via les jardins partagés, jardins familiaux ou des projets privés
  • Nous favoriserons l’installation d’agriculteurs bio notamment dans le futur agriparc des Bouisses

Bien que la ville ait peu de levier pour intervenir d’un point de vue fiscal pour favoriser l’agriculture biologique, il existe la possibilité d’une exonération de la taxe foncière sur les propriétés non-bâti pour les terrains agricoles exploités selon un mode de production biologique. A Montpellier, cela concerne environ une trentaine de parcelles détenues par neuf propriétaires distincts. Ce n’est certes pas énorme mais nous participons ici au soutien de l’agriculture biologique en milieu urbain. Nous prendrons, également la même position lors du prochain conseil de métropole, ce qui concernera beaucoup plus de parcelles.

Comme indiqué dans la délibération, ce sont les propriétaires qui vont bénéficier de l’exonération. Toutes et tous ne sont pas forcément des exploitant.es. Cette exonération peut donc également être un encouragement pour des propriétaires à soutenir l’installation d’agriculteur et agricultrice bio sur leurs parcelles.

Chaque action, décision qui permettent le développement de l’agriculture biologique locale doivent être soutenues, c’est que nous faisons aujourd’hui par cette délibération.

Soutien à la culture, aux salles (Bruno PATERNOT)

Soutien à la culture, aux salles (Bruno PATERNOT)

Conseil municipal du 21 Septembre 2021

« Le spectacle, c’est l’émerveillement de l’émerveillement. »

C’est à peu près la définition numéro 69 des « mille et une définitions du théâtre » écrite par Olivier Py.

Au 1er confinement, la sidération a remplacé l’émerveillement les violences intra-familiales ont explosé. Pendant le 2e confinement, on nous a volé l’émerveillement le taux de dépression en France à explosé. Pendant le 3e confinement, on a commencé à oublier ce qu’était l’émerveillement. Et certains des plus jeunes n’avaient jamais vu le visage souriant d’un inconnu. On a volé les sourires aux regards des enfants, ne l’oublions pas, c’était il y a peu.

Plus de petit concert au bar du coin, plus de grands festival de musique, plus d’Opéras, plus de fanfares dans les rues, plus de joies dans les villes, plus de spectacles dans les cœurs. Les salles obscures étaient noires de tristesses. Puis, enfin, les salles de concert se rouvrent. Peut être pas martyrisées, je n’irai pas jusqu’à dire outragées, mais brisées oui. Notre réservoir à émerveillement que sont les endroits de musique sont en grand danger moral et financier.

Mais, un équilibre peut se rétablir. Doit se rétablir. Surtout à Montpellier. Depuis 2ans, on a volé aux étudiants ou étudiantes la possibilité de passer la moitié de leur études universitaires dans les bars musicaux, dans les petites salles de concerts alternatives, sur les scènes pour leur 1er concert… Les Mathias Malzieu, Zorozora, Mauresca Fracas Dub, Bonnie and Clyde de 2020 et 2021 n’existeront pas. Ils n’ont pas pu faire leurs premiers pas dans les caves ou sur les terrasses montpelliéraines. Une génération d’artiste ne naîtra pas, c’est comme ça, perdu, perdu pour l’émerveillement du territoire.

Il y a les grandes salles, le rayonnement et l’attractivité. Mais il y a aussi et surtout les petits lieux, les mini salles, les scènes alternatives, le contre-champ, les endroits confinés mais comme on aime.

La ville de Montpellier, toute au long de l’année, brille de mille et un cœurs, de toutes ces salles de concerts qui permettent aux gens, quel que soit leur niveau social, professionnel ou culturel, de se retrouver, de s’émouvoir ensemble, de s’émerveiller.

Pourquoi un barème de l’arbre ? Explication de Stéphane Jouault

Barème des dégâts causés aux arbres (Stéphane JOUAULT)

Conseil municipal du 21 Septembre 2021

Après l’édition de la charte de l’arbre, après la création du comité arbre, nous proposons par cette délibération d’adopter un nouveau barème de l’arbre. Celui-ci a été élaboré par plusieurs organismes comme Plante & Cité, dont la Ville administratrice, avec le concours de plusieurs collectivités dont Montpellier.

Il s’agit ici d’attribuer une valeur financière à tout dommage au patrimoine arboré du domaine public. En effet, si comme toute forme de vie, l’arbre n’a pas de prix, sa dégradation doit avoir un coût.

Ce barème en remplace un autre en mettant en avant de nouveaux critères tel que, par exemple, la biodiversité induite par la présence de tel ou tel arbre dans un lieu donné. La première conséquence concrète de ce nouveau barème est, en moyenne, de multiplier par deux, la valeur financière d’une dégradation.

Je vous conseille d’aller sur le site baremedelarbre.fr : vous pourrez vous « amuser » à évaluer la valeur de l’arbre du coin de votre rue. Il suffit de compléter différents items et vous aboutirez à un montant en euros pour cet arbre (ce qu’on appelle la VIE) puis à un montant pondéré pour tel ou tel type de dégradation (ce qu’on appelle le BIE).

J’aurais l’occasion bientôt de vous présenter un autre barème que le comité arbre est en train de finaliser. Il s’agit d’évaluer une compensation suite à l’abattage d’un arbre sur le domaine public ou privé. La question ici n’est pas financière, l’idée est de déterminer un projet de végétalisation qui pourrait compenser au mieux, en termes de biodiversité notamment, un abattage. L’idée est de sortir du 1 arbre abattu, 2 arbres replantés, ça n’a aucun sens.

Cela m’amène à un dernier point. Le patrimoine arboré du territoire de Montpellier est entré dans une période de mutation difficile. Les effets du dérèglement climatique sont déjà là. Les arbres ont subi en quelques années une succession d’aléas qui ont eu un très fort impact : les fortes chutes de neige début mars 2018, la vague de chaleur extrême en juin 2019 et cette année encore une forte sécheresse. Fin juillet il n’était tombé que 250 mm de précipitations, 250 l par m2. Quand on sait qu’un micocoulier de bonne taille consomme 200 l d’eau par jour…

A ces aléas climatiques s’ajoutent des maladies tel le chancre coloré du platane. Comme vous le savez sans doute déjà, le chancre coloré est présent sur plusieurs sites à Montpellier. Le canal du Midi l’a montré, la présence du chancre coloré est une catastrophe.

Cette maladie est incurable, la seule réponse est un abattage de tous les arbres dans un rayon de 30 à 50 m selon la situation. Tout cela est très encadré : c’est la DREAL qui détermine le plan d’abattage. L’objectif est d’éviter la propagation du champignon.

Vous trouverez prochainement sur le site de la Ville tous les éléments de diagnostic et les mesures préconisés par un écologue pour limiter l’impact sur la biodiversité présente dans ces arbres.

Mais face au chancre coloré, face aux conséquences du réchauffement climatique, nous construisons des réponses, nous avons des réponses. Deux mots résument notre stratégie de résilience pour Montpellier : expérimentation et diversification. Accompagnée par des scientifiques, Claire Atger et Yves Caraglio notamment, la Ville de Montpellier devient un laboratoire.

Expérimentation, diversification.

Diversification ? C’est tout simplement qu’il ne faut pas mettre tous ses œufs dans le même panier : nous arrêtons de planter les 3 ou 4 mêmes essences partout puisque nous ne savons pas encore précisément quelles sont les essences qui vont le mieux résister au changement climatique.

Expérimentation ? Pour diversifier, il faut essayer de nouvelles espèces. C’est par exemple le travail de Claire Atger pour la forêt urbaine qui va commencer à être plantée cet automne sur le site de Cambacérès. Des espèces issues d’autres régions au climat méditerranéen seront ainsi mêlées aux espèces de notre région.

Face à une situation difficile, c’est donc bien une véritable stratégie de résilience du patrimoine que nous mettons en place dans notre Ville. Le mot est malheureusement galvaudé mais il prend ici tout son sens.