États généraux de la solidarité : discours de Marie Massart

États généraux de la solidarité : discours de Marie Massart

La précarité alimentaire est forte et particulièrement à Montpellier. Suite à la crise que nous vivons depuis plus d’un an, cette précarité s’est encore accentuée. Nous avons pu constater heureusement une prise de conscience de l’importance de l’approvisionnement local mais malheureusement les mauvaises habitudes reviennent vite.

Sur le plan de la précarité, fort heureusement à Montpellier personne ne meurt de faim. Mais nous savons que les publics les plus précaires ont le plus souvent une alimentation de mauvaise qualité pas uniquement à cause du prix mais également par des pratiques culturels ou par manque d’accès à certaines informations. Je tiens à saluer le travail des associations, des bénévoles qui œuvre au quotidien pour l’aide alimentaire.  Une alimentation de mauvaise qualité a des conséquences importantes sur la santé et là encore ce sont les publics les plus précaires qui ont le plus de difficulté d’accès aux soins.

C’est un grand défi de permettre l’accessibilité de cette alimentation au plus grand nombre car évidemment les produits doivent être achetée à leur juste valeur et on sait que c’est beaucoup de travail. Les producteurs sont eux même des publics souvent en grande précarité. Donc il ne s’agit surtout pas de tirer les prix vers le bas. La ville de Montpellier, avec la métropole, a fait le choix d’orienter sa politique alimentaire prioritairement vers la lutte contre la précarité alimentaire qu’on peut aussi qualifier d’inégalité alimentaire.

De nombreuses actions sont déjà en place et d’autres sont en projet.

Les actions :

  • En premier lieu l’accessibilité à la cantine avec
    • Une tarification sociale
    • Une offre large permettant au plus grand nombre de pouvoir y manger. Les quartiers prioritaires sont les plus nombreux à venir y manger ce qui n’est pas le cas dans beaucoup d’autres villes
  • Les dons alimentaires de la cuisine centrale sous forme de repas et de produits bruts : 25 000 repas/an et en moyenne entre 150 et 200 repas/jour
  • Les actions pédagogiques pour faire évoluer les comportements alimentaires (moins de viande)
  • L’accès à une agriculture urbaine de proximité : potagers dans les écoles, jardins familiaux, jardins partagés pour que les enfants et les adultes réapprennent comme poussent les légumes, les productions locales, le rythme des saisons

Les projets :

  • Doubler les surfaces d’agricultures urbaines
  • Favoriser les projets de dons alimentaires sur les jardins partagés et familiaux Meilleurs accès aux marchés de producteurs via des aides et des groupements d’achats
  • Des appuis logistiques pour le stockage des denrées via le MIN
  • L’appui technique à l’achat de matériel dans les cantines populaires en bénéficiant de l’expertise de la cuisine centrale
  • Appui technique et mise en réseau avec les fournisseurs et les producteurs
  • Et enfin la cité de l’alimentation avec :
    • Une nouvelle unité de production alimentaire ouvertes avec des visites, des cours de cuisine, un jardin pédagogique.
    • Une BLTP (légumerie, murisserie, conserverie, espace d’affinage, pâtisserie) pour travailler prioritairement sur les produits bruts et réduire la part des produits ultra-transformés
    • Développement des selfs dans les écoles
    • L’expérimentation d’un office transformé en cuisine dans une école
    • La formation du personnel à une approche hôtelière
    • Un programme de sensibilisation dans les écoles
    • Des jardins potagers dans les écoles
    • Des partenariats avec les fermes ressources
    • Un bus pédagogique itinérant
    • Et enfin, des tiers lieux alimentaires dans toutes la ville en partenariat avec le secteur associatif (cantines populaires, espace pour apprendre à cuisiner, épicerie solidaire, groupement d’achat, espace de formation…)