Constat

Montpellier est une des métropoles les plus polluées de France et Philippe Saurel en porte une responsabilité majeure. La pollution de l’air est un fléau. Chaque année en France, elle est responsable de 48 000 décès prématurés. Et la Métropole de Montpellier n’est pas épargnée. Il y a urgence sanitaire !

Après des années d’avertissements sans frais, la France vient d’être condamnée par la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) pour son incapacité à protéger ses citoyens contre la pollution de l’air.

Concrètement, la justice européenne estime que « la France a dépassé de manière systématique et persistante la valeur limite annuelle pour le dioxyde d’azote depuis le 1er janvier 2010 ». Le dioxyde d’azote (NO2) est un gaz très toxique émis principalement par le trafic automobile et en particulier par les véhicules diesels. Douze agglomérations françaises dont Montpellier sont concernées par ces dépassements.

Depuis des années, les écologistes alertent sur ce sujet crucial pour la santé publique. Et défendent des politiques de transport qui donnent clairement la priorité aux solutions non polluantes.

Le doublement de l’A9 a aggravé la pollution de l’air !

Les écologistes se sont farouchement opposés au doublement de l’autoroute A9. Car ce projet était une hérésie. Un non-sens écologique. Outre le fait d’avoir englouti 1 milliard d’euros et d’avoir détruit 500 hectares des meilleures terres agricoles au sud de Montpellier, cette nouvelle autoroute a eu pour effet d’augmenter le trafic routier (+10 % en 2 ans !) et la pollution au dioxyde d’azote sur Montpellier. Sans pour autant résorber les bouchons observés matin et soir aux portes de Montpellier… Un comble !

Comme de nombreux élus locaux, Philippe Saurel a défendu ce doublement de l’autoroute A9 qu’il a inauguré en grande pompe en présence de Bernard Cazeneuve. Et ce n’était pas sous Pompidou à l’époque du « tout voiture ». C’était il y a 2 ans !

Durant ce mandat, Philippe Saurel aurait pu inaugurer la ligne 5 de tramway. Il a fait le choix de la retarder de 10 ans. Il aurait pu inaugurer de nouvelles autoroutes à vélo dans Montpellier. Il a fait le choix de bloquer le budget vélo à zéro euro pendant 5 ans. Philippe Saurel a préféré inaugurer une deuxième autoroute de 23 km sur laquelle circulent désormais 85 000 véhicules chaque jour, dont des milliers de camions en transit. Tout un symbole…

La condamnation de la Cour de Justice de l’Union Européenne vient dénoncer officiellement ces choix irresponsables qui ont conduit à exposer toujours plus d’habitants à toujours plus de pollution.

On ne peut pas prétendre mener une politique de mobilité écologique et, en même temps, continuer à multiplier les infrastructures autoroutières qui ne font qu’augmenter le trafic et la pollution. L’écologie du « en même temps » ça suffit !

Nous voulons une écologie responsable. Qui assume des choix clairs en faveur de la santé des Montpelliéraines et des Montpelliérains.Pour faire face à cette urgence sanitaire, nous proposons un plan d’actions volontaristes pour faire de Montpellier une Métropole respirable.

Un plan d’actions en 9 points

  1. Nous organiserons la sortie progressive du diesel en 8 ans.
  2. Nous instaurerons la gratuité des transports publics lors des pics de pollution.
  3. Nous généraliserons le 30 km/h pour une circulation apaisée.
  4. Nous expérimenterons des « rues aux écoles » pour aller à l’école à pied ou à vélo en toute sécurité.
  5. Nous mobiliserons 100 % du budget mobilité en faveur de solutions écologiques.
  6. Nous investirons massivement pour multiplier l’offre de transports publics.
  7. Nous mettrons en place une tarification sociale des transports modulée en fonction des ressources de chacun sur la base du quotient familial.
  8. Nous ferons de Montpellier le paradis du vélo.
  9. Nous aménagerons la ville pour favoriser la marche et l’accessibilité aux personnes à mobilité réduite.

1. Nous organiserons la sortie progressive du diesel en 8 ans

Dès 2021, nous mettrons en place une Zone à Faibles Émissions (ZFE) comme le prévoit la loi Mobilité.Nous souhaitons que son périmètre concerne l’ensemble du territoire de la Métropole et soit établi en concertation étroite avec les 31 municipalités. Nous refusons une ZFE limitée au centre-ville de Montpellier qui aurait pour effet de pénaliser les acteurs économiques du centre-ville au bénéfice des zones commerciales de périphérie.

Nous souhaitons également que cette ZFE concerne le réseau autoroutier où se concentre une part majeure du trafic routier à l’origine de la pollution de l’air sur Montpellier. Car il ne serait pas compréhensible que les poids lourds en transit ne soient pas soumis aux mêmes exigences que les poids lourds circulant à l’intérieur de la Métropole. La régulation du trafic sur le réseau autoroutier relevant des compétences de l’État, cela impliquera une coordination avec ses services.

Cette ZFE organisera des étapes progressives de sortie des véhicules polluants et du diesel en priorité.

Étape 1 : de 2021 à 2024, sortie du diesel pour les poids lourds et les véhicules utilitaires

Comme cela a été déjà mis en place à Grenoble, la première étape concernera les livraisons, la circulation des poids lourds et des véhicules utilitaires. S’ils représentent moins de 25 % de la circulation, ils sont responsables de près 50 % des émissions de polluants issus du trafic routier.

Dès 2021, cette mesure concernera les poids lourds les plus polluants. Concrètement, la circulation des véhicules utilitaires et poids lourds de plus 20 ans dits « non classés » (c’est-à-dire ne pouvant bénéficier d’aucun certificat qualité de l’air) sera interdite. Ce dispositif sera progressivement étendu, avec pour objectif la sortie du diesel pour tous les poids lourds en 2024.

Les modalités de mise en œuvre de cette ZFE seront concertées avec les professionnels de la filière du transport et de la logistique. Et des mesures d’accompagnement, notamment financières, seront étudiées en lien étroit avec les acteurs économiques concernés.

La ZFE va influencer la transition énergétique des véhicules utilitaires dans la métropole avec une mutation vers le GNV (gaz naturel pour véhicules), l’électrique et l’hydrogène, entraînant des effets positifs sur la qualité de l’air, les émissions de gaz à effet de serre et la production d’énergies renouvelables.

Des mesures incitatives seront notamment proposées dès 2021 pour développer les livraisons par vélos cargo et véhicules électriques dans l’aire piétonne du centre-ville de Montpellier.

Étape 2 : avant 2028, sortie définitive du diesel pour tous les types de véhicules

Parallèlement, nous mettrons à l’étude les modalités de mise en œuvre d’une sortie progressive du diesel pour tous les types de véhicules, y compris les véhicules particuliers. Avec pour objectif une sortie définitive du diesel avant 2028.

Cette deuxième étape fera l’objet d’une grande consultation citoyenne afin de préciser ses modalités de mise en œuvre et les mesures d’accompagnement sociales qui leur seront associées. En particulier, nous proposerons la mise en place d’un guichet unique des aides (prime à la conversion, bonus écologique, prime de la Métropole etc.) afin de ne pas pénaliser les citoyens aux revenus les plus faibles.

Par ailleurs, dès 2020, nous accélérerons le déploiement de bornes de recharge pour les véhicules électriques sur l’ensemble du territoire de la Métropole.

2. Nous instaurerons la gratuité des transports publics lors des pics de pollution

Lors des pics de pollution, nous instaurerons la gratuité des transports publics. Comme le permet la loi, nous mettrons également en place, dès 2021, un dispositif de circulation différenciée dans le cadre des procédures d’alerte déclenchées en accord avec le Préfet. Seuls les véhicules les moins polluants (bénéficiant de certificats Crit’air 1 et Crit’air2) seront autorisés à circuler.

Organiser la sortie progressive des véhicules les plus polluants, intervenir en cas de pics de pollution n’est pas suffisant. Nous devons agir sur tous les fronts et accélérer la transition vers des solutions de mobilités écologiques.

3. Nous généraliserons le 30km/h pour une circulation et une ville apaisée

Les écologistes proposent de généraliser à Montpellier le 30km/h en ville pour faire de nos rues et de nos quartiers des espaces apaisés. Aujourd’hui, le 50km/h est la règle et le 30km/h l’exception. Demain ce sera l’inverse. Toutes les rues résidentielles seront limitées à 30 km/h et seuls les grands axes seront autorisés à 50 km/h.

Modérer la vitesse n’est pas une fin en soi. C’est un moyen pour :

  • améliorer la sécurité de tous et en particulier des usagers plus vulnérables, piétons et cyclistes (la probabilité de tuer un piéton est de 80 % à 50km/h, de 10 % à 30km/h)
  • permettre des aménagements favorables à la marche, au vélo et à la vie de quartier
  • réduire le bruit et la pollution.

Une mesure en faveur du vélo

Généraliser le 30km/h, c’est faciliter l’usage du vélo en ville. Généraliser les doubles sens cyclables dans les rues à sens unique pour les voitures. Favoriser une cohabitation plus sécurisée entre voitures et vélos.

Une mesure en faveur de la vie de quartier

Généraliser le 30km/h, c’est encourager la marche, le commerce de proximité et la vie de quartier. C’est l’occasion de repenser, quartier par quartier, avec les habitants, un plan de circulation qui limite le trafic de transit et permette un meilleur partage de l’espace public.

Installer un panneau de limitation à 30km/h ne suffit pas. Cette politique de modération des vitesses devra impérativement s’accompagner d’aménagements d’espaces publics dans les quartiers. Élargir les trottoirs, planter des arbres, embellir nos rues pour qu’elles deviennent plus apaisées et plus conviviales. Des aménagements qui seront co-construits avec les habitants en fonction des besoins de chaque quartier.

Chaque maire est responsable des mesures de limitation de vitesse dans sa commune. Pour que cette généralisation du 30km/h en ville soit bien comprise, nous proposerons aux maires des communes de la Métropole de partager un agenda commun dans sa mise en œuvre sur notre territoire. Notre objectif : généraliser le 30 km/h sur Montpellier au 1er janvier 2021.

4. Nous expérimenterons des « rues aux écoles » pour aller à l’école à pied ou à vélo en toute sécurité

En lien avec la généralisation du 30 km/h, nous expérimenterons des « rues aux écoles » ; c’est-à-dire des rues temporairement fermées à la circulation des véhicules motorisés aux heures d’entrée et sortie d’école. Ce dispositif vise à :

  • renforcer la sécurité autour des écoles ;
  • protéger les enfants de la pollution de l’air issue du trafic motorisé ;
  • encourager la pratique des mobilités dites « actives » (marche, vélo) avec un soutien accru aux initiatives de pédibus et vélobus (ramassage scolaire à pied ou à vélo).

Nous voulons que nos enfants puissent aller à l’école à pied ou à vélo en toute sécurité. Dans des rues plus apaisées et plus respirables. Nous proposerons aux écoles et aux parents d’élèves volontaires d’expérimenter ce dispositif « rues aux écoles ». En fonction des résultats de ces expérimentations, nous étudierons en concertation avec les habitants les possibilités de piétonnisation permanente des rues autour des écoles. Plus globalement, nous veillerons, dans chaque quartier, à sécuriser les parcours vers les écoles.

5. Nous mobiliserons 100 % du budget mobilité en faveur de solutions écologiques

Doublement de l’A9, Contournement Ouest, Contournement Est, bouclage du LIEN : les projets autoroutiers portés par Philippe Saurel sont incompatibles avec les objectifs du Plan Climat que la Métropole doit poursuivre et amplifier.

Les ressources budgétaires de la Métropole sont limitées. Dire que nous pourrions tout financer serait mentir. Nous devons faire des choix.

Pour les écologistes, les choix sont clairs. Nous mobiliserons 100 % du budget mobilité de la Métropole en faveur de solutions écologiques. Nous ne financerons plus de projets d’infrastructures autoroutières qui ont pour effet d’augmenter le trafic automobile et d’aggraver la pollution de l’air.

Concrètement, nous réaffecterons les budgets initialement prévus pour contribuer au financement du Contournement Ouest porté par l’État (part Métropole environ 70 M€) et au Contournement Est porté par le Département (part Métropole environ 30 M€) pour permettre la mise en œuvre d’une politique cyclable.

Ainsi, nous serons en capacité de financer à 100 % le grand plan vélo estimé à 100 M€ sur 6 ans.

6. Nous investirons massivement pour multiplier l’offre de transports publics

Philippe Saurel a fait perdre 10 ans à la ligne 5 de tramway. Nous accélérerons sa réalisation avec un objectif de mise en service avant 2025.

En complément du tramway, nous investirons dans la création d’un nouveau réseau de bus à haut niveau de service. Des bus électriques, plus propres. Des bus plus rapides circulant sur des voies réservées et bénéficiant, comme le tramway, de la priorité au carrefour. Des bus plus fréquents, toutes les 5 minutes en heures de pointe.

5 lignes de bus à haut niveau de service seront réalisées dans le mandat.

Notre objectif : faire en sorte que 100 % des Montpelliérains soient à moins de 5 minutes d’une station de tramway ou de bus à haut niveau de service.

Le service des bus sera aligné sur le service du tramway le soir et le week-end. Mêmes heures de fin de service et des bus plus nombreux le week-end.

Par ailleurs, nous engagerons un partenariat avec la Région, le Département et les intercommunalités voisines afin de créer en commun un véritable réseau de cars à haut niveau de service à l’échelle du grand Montpellier.

7. Nous mettrons en place une tarification sociale des transports

Nous mettrons en place une tarification modulée en fonction des ressources de chacun sur la base du quotient familial, à l’instar de ce qui existe déjà dans d’autres agglomérations de la taille de la nôtre.

Aujourd’hui les tarifications sociales ne concernent que les individus dans des situations précises. La création d’une tarification liée au quotient familial permettra aux familles de bénéficier de réductions adaptées à leurs ressources, voire de gratuités pour les plus modestes.

8. Nous ferons de Montpellier le paradis du vélo

Philippe Saurel a bloqué le budget vélo à zéro euro pendant 5 ans. Rien de sérieux n’a été réalisé durant ce mandat. Résultat : avec à peine 3 % de part de déplacements réalisés à vélo, Montpellier figure en queue de peloton des Métropoles.

Nous voulons changer de braquet. Faire de Montpellier le paradis du vélo. Permettre à chacun de se déplacer à vélo en toute sécurité. Quel que soit son âge ou sa condition. Tous les jours, dans tous les quartiers. Pour aller à l’école, au travail, faire ses courses.

Nous mettrons le vélo au cœur de la transition des mobilités. Pour ce faire, nous investirons 100 M€ sur 6 ans pour mettre en œuvre un vaste plan vélo.

Nous réaliserons un Réseau Express Vélo (REV) avec 300 km de pistes cyclables sécurisées et continues à l’échelle de la Métropole.

Nous créerons 1 000 places de stationnement sécurisées dans les parkings du centre-ville.

Nous implanterons 5 000 arceaux à vélos dans toute la ville.

Nous obligerons les promoteurs à réaliser des locaux vélos adaptés :

  • aux besoins des familles dans les immeubles de logements
  • aux besoins des travailleurs dans les bâtiments d’activités.

Dès 2020, nous mettrons en place un dispositif d’aide à l’achat de 1 000 vélos à assistance électrique, avec une aide à hauteur de 500€ par vélo à assistance électrique (de fabrication européenne).

9. Nous aménagerons la ville pour favoriser la marche et l’accessibilité aux personnes à mobilité réduite

La marche est le mode de déplacement le plus démocratique. Comme le vélo il est bon pour la santé, bon pour la planète, bon pour le portefeuille. Favoriser la marche, redonner de la place aux piétons, c’est aussi favoriser la vie de quartier et le commerce de proximité.

  • Nous investirons 50 M€ sur 6 ans dans un grand plan d’actions en faveur de la marche et de l’accessibilité aux personnes à mobilité réduite.
  • Nous élargirons les trottoirs et sécuriserons les traversées piétonnes.
  • Nous interviendrons en priorité autour des stations de tramway afin de rendre tous les espaces publics accessibles aux personnes à mobilité réduite.
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